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RRQ, SV, SRG : coordonner ses chèques de retraite sans tomber dans le piège du REER

Trois programmes, trois logiques différentes — et un piège bien réel : retirer un REER à faible revenu peut couper le Supplément de revenu garanti, dollar pour dollar ou presque.

Par l'équipe éditoriale Atlas Québec · Publié le 31 juillet 2026

Trois chèques, trois logiques

RRQ
Québec — basée sur vos cotisations
dépend de tout votre historique de revenu de travail
SV
Fédéral — basée sur la résidence
40 ans de résidence au Canada après 18 ans pour le plein montant ; 10 ans minimum pour un montant partiel
SRG
Fédéral — basé sur le revenu
filet de sécurité pour les aînés à faible revenu, réduit rapidement selon le revenu

La Sécurité de la vieillesse (SV) est accessible à 65 ans à la plupart des résidents canadiens, peu importe leur historique de travail — contrairement à la RRQ, qui dépend entièrement de vos cotisations passées. En 2026, la pleine SV représente environ 735 $ par mois pour les 65-74 ans (davantage pour 75 ans et plus), réduite au prorata pour qui a résidé moins de 40 ans au Canada depuis ses 18 ans, avec un minimum de 10 ans pour toute admissibilité.

Le Supplément de revenu garanti (SRG) s'ajoute à la SV pour les retraités à faible revenu — mais contrairement à la SV, il n'est PAS universel : son montant diminue rapidement à mesure que le revenu augmente, et peut disparaître complètement bien avant d'atteindre un revenu qu'on qualifierait de confortable.

Le piège du REER, expliqué simplement

Le pire piège fiscal pour un retraité à faible revenu

Un retrait de REER ou de FERR compte comme un revenu aux yeux du calcul du SRG — presque comme n'importe quel autre revenu imposable. Pour un retraité qui compte sur le SRG, chaque dollar retiré d'un REER peut réduire le SRG de façon quasi équivalente, annulant une bonne partie (parfois la quasi-totalité) de l'avantage du retrait. Un retraité à revenu modeste qui a fidèlement cotisé à son REER toute sa vie peut se retrouver à recevoir presque le même revenu disponible qu'un retraité qui n'a jamais cotisé — simplement parce que le premier perd son SRG en retirant, alors que le second le touche en entier.

C'est précisément pour cette raison que le CELI est souvent présenté comme un meilleur véhicule d'épargne que le REER pour un travailleur à bas salaire qui prévoit compter sur le SRG plus tard : les retraits d'un CELI ne comptent PAS comme revenu aux fins du SRG (ni de l'impôt, ni d'aucun programme basé sur le revenu). Le REER demeure avantageux pour qui a un revenu de travail élevé (la déduction immédiate vaut plus au moment de la cotisation) et ne prévoit pas dépendre du SRG à la retraite — mais ce calcul s'inverse complètement pour un revenu plus modeste.

Ce que ça change concrètement

  • Avant la retraite : si votre revenu de travail est modeste et que vous prévoyez un revenu de retraite tout aussi modeste, privilégier le CELI au REER mérite une vraie réflexion — pas un réflexe automatique de « cotiser au REER pour le remboursement d'impôt ».
  • À la retraite : l'ordre dans lequel vous puisez dans vos différents comptes (CELI d'abord, REER/FERR ensuite, ou l'inverse) peut avoir un effet important sur votre SRG total reçu sur plusieurs années — un sujet qui mérite une consultation avec un planificateur financier avant de commencer les retraits.

Pour aller plus loin

Notre simulateur de retraite express empile RRQ, SV et épargne pour une première estimation de votre revenu de retraite total. Notre calculateur d'impôt 2026 permet d'estimer l'impôt sur un revenu de retraite précis, RRQ et SV incluses.

Sources : Service Canada (Sécurité de la vieillesse, Supplément de revenu garanti), Retraite Québec (RRQ), principe général de réduction du SRG selon le revenu net. Contenu à jour au 26 juillet 2026 — les montants exacts du SRG selon votre situation doivent être vérifiés directement auprès de Service Canada ; ce guide explique le mécanisme, pas votre montant précis.
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