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Ordonnance de protection : la demande, les conditions qu’elle peut imposer, sa durée

C’est l’outil juridique le plus simple et le plus rapide pour obliger une personne à garder ses distances, sans accusation criminelle. Ce qu’elle peut contenir, comment la demander, et ce qu’elle ne règle pas.

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Dernière révision16 septembre 2026
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Les règles, tarifs, programmes et données peuvent changer. La section « Sources et limites » précise le fondement de cette page.

Un recours civil, pas une accusation

L’ordonnance de protection est demandée devant un tribunal civil. Elle n’implique pas de poursuite pénale et n’exige pas qu’une plainte ait été portée. Elle vise un objectif concret : imposer à une personne de rester à distance et de respecter un ensemble de conditions, dans l’intérêt de la sécurité. C’est aussi pour cela qu’elle peut être demandée par la personne elle-même, mais aussi, dans des cas prévus, par le directeur de la protection de la jeunesse ou par certaines personnes habilitées pour protéger un tiers.

Ce que l’ordonnance peut imposer

Le tribunal peut fixer des conditions adaptées à la situation. Celles qui reviennent le plus :

Ne pas s’approcher
Interdiction de s’approcher de la personne protégée, de son domicile, de son lieu de travail, de l’école des enfants — le périmètre et les lieux sont déterminés par le tribunal.
Ne pas communiquer
Interdiction de communiquer directement ou indirectement, par téléphone, texto, courriel ou par l’intermédiaire d’un tiers.
Fréquentation de lieux
Interdiction de fréquenter certains lieux déterminés — le domicile, un établissement, un secteur.
Modalités pour les enfants
Lorsqu’il y a des enfants, le tribunal peut encadrer les modalités de contacts, de remise et de communication, et toute mesure nécessaire pour éviter les occasions de conflit.

D’autres mesures peuvent être adaptées à la situation, y compris ce qui touche aux armes, à la garde d’animaux domestiques à des fins de sécurité, ou à des modalités de reprise de biens. C’est le juge qui détermine les conditions pertinentes au vu des faits allégués.

L’ordonnance d’urgence, et pourquoi elle compte

Il existe un mécanisme d’urgence qui permet d’obtenir une ordonnance sans que l’autre personne soit présente à cette étape, lorsque la sécurité l’exige. C’est ce mécanisme qui rend l’outil réellement utile dans les situations où le risque est immédiat. Sa portée et sa durée sont limitées, et une audience suit généralement — mais il ouvre un espace immédiat de protection, ce qui est exactement l’objectif.

Demander : ce qu’il faut préparer

  1. Passer par un avocat ou l’aide juridique. La demande est formulée selon des règles de procédure; en pratique, presque personne ne la produit seul, et des ressources existent pour ça, y compris dans les cas d’urgence.
  2. Préparer un récit daté. Les faits, avec les dates, les lieux, la fréquence, et ce qui est le plus récent. Un récit chronologique et sobre est plus utile qu’un texte d’émotion.
  3. Rassembler les preuves existantes : rapports policiers, attestations médicales, messages, témoignages, documents d’hébergement ou d’intervenants.
  4. Indiquer les lieux à protéger : domicile, travail, école des enfants, trajets habituels. Ce sont ces informations qui permettent au tribunal de fixer des périmètres utiles.
  5. Vérifier l’exécution et la signification : l’ordonnance ne produit ses effets que si elle est correctement notifiée à l’autre personne. Il faut suite — un intervenant ou un avocat peut l’expliquer.

Ce qu’il faut faire en cas de manquement

Une ordonnance n’est pas un objet magique : elle est efficace si ses violations ont des conséquences. Un manquement peut être signalé à la police et faire l’objet de recours, y compris de nature pénale selon les circonstances. Trois éléments aident : documenter chaque contact ou approche (date, heure, contenu, témoins), appeler immédiatement en cas de violation — le 911 s’il y a un danger —, et conserver une copie de l’ordonnance à porter sur soi et à déposer à l’école, à la garderie et au travail.

Ce que l’ordonnance ne règle pas

Elle ne met pas fin au bail, ne règle pas la pension alimentaire ni la garde des enfants, ne donne pas de logement et n’indemnise personne. Ce sont des démarches distinctes, avec leurs propres instances. Une ordonnance est un outil de sécurité, à combiner avec l’accompagnement d’une maison d’hébergement ou d’un organisme, et avec les recours civils et familiaux correspondants.

La protection des coordonnées

Un élément souvent ignoré : il est possible de demander que vos coordonnées soient protégées dans les dossiers de certaines instances publiques, lorsqu’il y a une atteinte ou un risque d’atteinte à la sécurité. Cela concerne l’adresse, le numéro de téléphone, parfois le nom dans certains registres. La demande se fait selon des procédures propres à chaque instance — tribunaux, municipalité, registres — et elle prend une importance particulière après un déménagement, puisqu’un changement d’adresse mal protégé peut révéler un lieu de résidence. Un organisme d’accompagnement connaît ces mécanismes et peut vous aider à les faire appliquer partout où c’est nécessaire.

Les conditions, les mécanismes d’urgence et les procédures liées aux ordonnances de protection évoluent, et la situation de chaque personne est particulière. Les références sont l’aide juridique et les avocats en droit familial, les tribunaux pour la procédure, les maisons d’hébergement et les services d’aide aux victimes pour l’accompagnement, et les organismes spécialisés pour la protection des coordonnées. Vérifié le 16 septembre 2026 — cette page est de l’information générale et non un avis juridique. En cas de danger immédiat, composez le 911.

Complément Atlas : Menaces et sécurité : engagement de ne pas troubler l'ordre public et ordonnances de protection

Repérer les mesures possibles lorsqu'une personne craint des menaces, du harcèlement ou de la violence et distinguer urgence, police et recours judiciaire.

À vérifier dans votre dossier

  1. En danger immédiat, utiliser les services d'urgence.
  2. Conserver messages, appels, témoins et incidents sans se mettre en danger.
  3. Demander de l'information à la police ou à une ressource juridique sur la mesure adaptée.
  4. Distinguer engagement de paix, ordonnance civile et conditions imposées dans un dossier criminel.

Pièges à éviter

  • Confronter la personne pour obtenir plus de preuves.
  • Présumer qu'une plainte crée automatiquement une ordonnance.
  • Publier l'adresse ou les renseignements sensibles de la personne protégée.

Sources et limites

Sources : Code civil du Québec — dispositions sur l’ordonnance de protection en matière de violence conjugale ou familiale et sur l’ordonnance d’urgence; tribunaux et aide juridique du Québec pour la procédure; services d’aide aux victimes d’actes criminels et maisons d’hébergement pour l’accompagnement; mécanismes de protection des coordonnées dans les dossiers des instances publiques. Vérifié le 16 septembre 2026 — les procédures et les délais varient : faites-vous accompagner par un avocat ou un organisme.

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