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Parce que cette histoire n’est pas un chapitre clos : elle explique des réalités très concrètes d’aujourd’hui — la présence des langues, la confiance envers les institutions, la composition des familles, la difficulté à retrouver des membres de sa famille. Un site qui aide à comprendre le Québec ne peut pas la laisser de côté. Cette page présente les faits documentés et les démarches disponibles, sans chercher l’effet.
Ce qui s’est passé au Québec
Le régime des pensionnats autochtones a été mis en place à l’échelle du Canada et administré pour l’essentiel par des Églises, financé par le gouvernement fédéral. Au Québec, une douzaine de pensionnats et de foyers fédéraux ont fonctionné entre le milieu des années 1930 et le début des années 1990. Parmi les établissements les mieux documentés figurent ceux de Fort George, près de l’actuelle Chisasibi, le pensionnat d’Amos, celui de Sept-Îles, celui de Pointe-Bleue, celui de La Tuque, ainsi que des foyers fédéraux dans plusieurs communautés du Nord — Mistassini, Poste-de-la-Baleine, George River, Payne Bay, Port Harrison.
Quatre de ces établissements étaient des pensionnats catholiques francophones : Fort George, Sept-Îles, Amos et Pointe-Bleue. Les enfants qui les ont fréquentés venaient de plusieurs nations — innue, atikamekw, algonquine, cri, inuite.
Il faut noter que les dates précises, les noms d’établissements et le statut exact de certains foyers font encore l’objet de travaux de recherche, et que les sources ne sont pas toujours concordantes. C’est une raison de plus pour consulter les sources primaires plutôt que de s’en tenir à un chiffre entendu.
La Commission de vérité et réconciliation
La Commission de vérité et réconciliation du Canada a publié son rapport en 2015, après plusieurs années d’audiences et de témoignages. Elle a documenté le système, ses effets sur les enfants, les familles et les langues, et elle a formulé des appels à l’action qui s’adressent aux gouvernements, aux institutions, aux Églises et à la société. Ce rapport reste la référence pour comprendre les faits établis et les engagements qui en découlent.
Un élément du rapport est particulièrement pertinent pour le Québec : la Commission situe l’ouverture du premier pensionnat autochtone au Canada au début du 17e siècle, non loin de l’emplacement actuel de la ville de Québec. Autrement dit, cette histoire commence bien avant les pensionnats du 20e siècle.
Les recherches sur les sites
Après la découverte, en 2021, de sépultures non marquées près de l’ancien pensionnat de Kamloops en Colombie-Britannique, plusieurs communautés ont entrepris des recherches sur les sites d’anciens pensionnats et de foyers, avec des méthodes non invasives comme le géoradar. Au Québec, la Première Nation de Chisasibi a lancé en 2022 un processus de recherche sur le site des deux pensionnats de Fort George, et d’autres communautés ont des démarches en cours ou à venir.
Deux précautions de lecture s’imposent, et elles valent pour tous les sites : les recherches géophysiques révèlent des anomalies qui peuvent correspondre à des sépultures, sans que cela constitue à lui seul une identification; et les résultats doivent être annoncés par les communautés concernées, dans la forme et le moment qu’elles choisissent. La prudence n’est pas de la minimisation : c’est la condition pour que ces travaux soient menés avec respect et sans instrumentalisation.
Les démarches concrètes qui existent
- Recherche d’information sur un parcours individuel. Des archives fédérales et ecclésiastiques, ainsi que les registres de pensionnats, permettent parfois de reconstituer le passage d’une personne. Les organismes autochtones et les centres d’archives peuvent accompagner cette recherche, qui demande du temps et de la méthode.
- Registres et centres d’information. Un centre national d’information a été mis en place pour aider les survivants, leurs familles et les communautés à retrouver des documents et des traces.
- Reconnaissance et mémoire. Sites commémoratifs, fouilles, cérémonies, toponymie, gestes de reconnaissance institutionnelle : plusieurs communautés du Québec ont engagé ces démarches, et elles se déroulent à leur rythme.
- Soutien. Les effets intergénérationnels de cette histoire sont reconnus, et des services de soutien existent — lignes d’écoute, services de santé mentale avec sécurisation culturelle, accompagnement communautaire.
Comment en parler, dans une famille ou une classe
Trois principes reviennent des enseignants et des intervenants qui traitent ce sujet : ne pas réduire les peuples autochtones à cette histoire — elle fait partie d’une réalité beaucoup plus large, vivante et contemporaine; partir des faits documentés plutôt que des images fortes, et dire clairement ce qui est établi, ce qui est en recherche et ce qui relève de l’inconnu; et laisser la parole aux personnes concernées quand c’est possible, plutôt que de parler à leur place.
Les faits historiques, les listes d’établissements et les dates comportent encore des zones d’incertitude, et la recherche progresse. Les références à privilégier sont le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, le centre national d’information sur les pensionnats, les publications de recherche des communautés et des universités, ainsi que les déclarations officielles des administrations autochtones. Vérifié le 16 septembre 2026 — pour toute recherche sur un parcours familial, passez par un organisme autochtone qui pourra vous orienter vers les bonnes archives.
Sources et limites
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