Les règles, tarifs, programmes et données peuvent changer. La section « Sources et limites » précise le fondement de cette page.
Une trousse de 72 heures sert à traverser trois jours sans électricité, sans eau courante ou sans accès à votre quartier — le temps que les services reviennent ou que l’aide organisée se rende jusqu’à vous. Au Québec, le verglas, les pannes hivernales, les inondations printanières et les feux de forêt ont tous déjà produit exactement cette situation.
Chaque personne est le premier responsable de sa sécurité
Depuis mai 2024, la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience face aux sinistres place chaque personne au premier rang de sa propre sécurité : elle demande à toute personne de faire preuve de prévoyance et de prudence. Ce n’est pas une formule creuse — c’est la logique même du système québécois de sécurité civile. La municipalité, de son côté, a la responsabilité d’aider les personnes qui sont incapables de subvenir elles-mêmes à leur sécurité.
Autrement dit : on ne vous demande pas d’être autonome pour toujours. On vous demande de tenir assez longtemps pour que l’aide organisée arrive jusqu’à vous.
L’eau d’abord, et le calcul est simple
La règle de base retenue par les autorités canadiennes est de 2 litres d’eau par personne et par jour pour boire seulement. Pour trois jours, on parle donc de 6 litres par personne comme strict minimum de consommation — auxquels s’ajoutent quelques litres pour la cuisine et l’hygiène, sans oublier l’eau des animaux.
Les bouteilles d’eau commerciales scellées se conservent longtemps, mais elles se dégradent au fil des ans et finissent par prendre un goût de plastique. L’eau du robinet conservée dans des contenants propres et alimentaires doit être renouvelée régulièrement — l’idéal est de la remplacer à chaque vérification annuelle.
La nourriture : privilégier ce qui se mange sans cuire
Une panne de courant rend la cuisinière électrique et le four inutilisables, et un avis d’ébullition de l’eau rend l’eau du robinet impropre à la consommation. La trousse doit donc être pensée pour être mangée froide : conserves, barres tendres, beurres d’arachide et de noix, craquelins, fruits séchés, céréales sèches, lait en poudre ou en boîte non ouverte.
Deux détails que presque tout le monde oublie : un ouvre-boîte manuel (celui du tiroir ne fonctionne pas sans électricité si c’est un modèle électrique, et il ne sera pas dans la trousse) et de quoi jeter proprement — sacs à ordures, papier hygiénique, savon à mains, désinfectant pour les mains. Un sinistre qui dure trois jours produit des déchets, et l’absence de ce petit matériel devient vite désagréable.
Voir, écouter, être joint
La radio à piles est l’élément le plus sous-estimé de toute la liste : quand le réseau cellulaire sature, la radio générale demeure la façon la plus fiable de savoir ce qui se passe, où aller et quoi éviter. Prévoyez aussi une lampe de poche par personne (et de préférence une lampe frontale, qui laisse les mains libres), des piles de rechange dans les formats réellement utilisés, et une banque d’alimentation chargée pour les téléphones — en sachant qu’un téléphone intelligent consomme beaucoup plus vite qu’un combiné de base.
Elles sont sources d’incendie, surtout avec des enfants ou des animaux. Si vous les gardez, prévoyez des supports stables et ne les laissez jamais sans surveillance allumées dans une pièce où quelqu’un dort.
Médicaments, santé et besoins particuliers
C’est ici que chaque ménage diverge, et c’est ici qu’une liste générique ne suffit pas. Posez la question pour chaque personne de la maison :
- Un médicament essentiel dont l’arrêt ne peut pas attendre? Il faut une réserve tampon négociée avec le pharmacien, pas simplement les pilules du jour.
- Un appareil qui dépend de l’électricité (concentrateur d’oxygène, bi-pap, fauteuil, pompe, réfrigération d’un médicament)? Cette situation doit être inscrite dans le plan familial et, souvent, signalée au service de sécurité incendie ou à la municipalité pour priorisation.
- Des lunettes de rechange, des prothèses auditives avec piles, des couches, du lait maternisé, un auto-injecteur d’épinéphrine, un inhalateur.
- Un animal : nourriture, eau, médaille ou harnais, cage de transport, et l’information sur les refuges qui les acceptent — plusieurs n’acceptent pas les animaux, et il faut le savoir avant d’avoir à évacuer.
Les documents, l’argent et la preuve de ce que vous possédiez
Le jour où vous déposez une réclamation, ce sont vos preuves qui décident. Gardez dans la trousse — ou mieux, dans un contenant étanche à l’eau, et en copie numérique quelque part hors du domicile :
- copies des pièces d’identité, de la carte d’assurance maladie, des polices d’assurance habitation et automobile;
- la liste de vos médicaments avec les ordonnances et le nom des prescripteurs;
- un inventaire des biens avec photos datées ou factures des objets de valeur;
- de l’argent comptant en petites coupures : les terminaux de paiement sont inutilisables sans électricité ou sans réseau, et une panne n’est pas le moment de découvrir qu’on ne peut rien acheter;
- la liste des personnes à joindre, avec le numéro d’un proche hors région — lors d’un sinistre local, les lignes locales sont saturées alors qu’un appel hors zone passe souvent encore;
- un double des clés de la maison et du véhicule, gardé par une personne de confiance.
Où ranger tout ça
Une trousse parfaite rangée au sous-sol finit noyée. Une trousse parfaite rangée au grenier est inaccessible si l’escalier est bloqué. Choisissez un endroit facile d’accès, à l’abri de l’eau et du gel, et idéalement deux contenants : un bac rigide pour la trousse principale et un sac à dos pour la version « à emporter en cinq minutes » si vous devez évacuer.
Ce qu’il ne faut pas mettre dedans
Les allumettes et les briquets peuvent sembler naturels dans une trousse, mais ils deviennent un risque si un enfant joue dans le bac. Les médicaments d’ordonnance en vrac, sans étiquette ni date, sont inutilisables le jour venu. Et un plan de protection de neuf pages que personne n’a jamais lu a exactement la même valeur qu’aucun plan : mieux vaut une liste courte affichée sur le réfrigérateur, connue de tous, qu’un document détaillé rangé quelque part.
La vérification annuelle, en quinze minutes
- Ouvrez le bac, jetez ce qui est périmé, remplacez.
- Renouvelez l’eau.
- Testez la radio et les lampes avec des piles neuves.
- Vérifiez que la liste des médicaments est encore la bonne.
- Confirmez que tout le monde sait où est la trousse.
Les quantités, les formats de piles et les recommandations officielles évoluent : la liste de référence à jour se trouve sur la page « Comment se préparer à la maison » du ministère de la Sécurité publique, et dans le guide « Votre plan d’urgence : 72 heures » préparé par Sécurité publique Canada.
Sources et limites
Vérification officielle recommandée
Une source devenue inaccessible, une règle différente dans votre municipalité ou une donnée dépassée peut être signalée avec le bouton « Signaler une erreur ».