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Séjour de plusieurs mois à l’étranger : ce que la RAMQ couvre vraiment

Une carte d’assurance maladie n’est pas une assurance voyage. La règle des 183 jours, celle des 21 jours consécutifs, le formulaire de départ temporaire et les plafonds de remboursement hors Canada — sans surprise au retour.

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⚠ Information de santé, pas un diagnostic

Cette page aide à comprendre une démarche générale. En cas de symptômes graves ou urgents, utilisez les services d’urgence appropriés; pour une décision clinique, consultez un professionnel de la santé.

Dernière révision16 septembre 2026
Prochaine vérificationSelon le cycle éditorial
Type de contenuGuide informatif
Décision importanteConfirmer à la source

Les règles, tarifs, programmes et données peuvent changer. La section « Sources et limites » précise le fondement de cette page.

La RAMQ n’est pas une assurance voyage

Elle rembourse des soins reçus à l’étranger selon des plafonds très bas, et seulement dans certaines situations. Une facture d’hôpital hors Canada se compte en dizaines de milliers de dollars : le remboursement de la RAMQ, lui, se compte en centaines. C’est la différence à comprendre avant de partir, pas après.

La règle des 183 jours, et les deux pièges du calcul

Une personne établie au Québec depuis au moins un an conserve son admissibilité si elle ne s’absente pas 183 jours ou plus au cours d’une même année civile (du 1er janvier au 31 décembre), que ces absences soient consécutives ou non.

Deux détails changent tout dans le calcul :

  • Les séjours de 21 jours consécutifs ou moins ne comptent pas dans le total. C’est pourquoi un Québécois peut partir trois semaines en hiver sans que cela affecte quoi que ce soit.
  • Les journées de départ et de retour ne sont pas comptées.

Mais une série de séjours de trois semaines additionnés peut finir par atteindre le seuil : c’est le piège classique de la personne qui voyage en snowbird par tranches, ou qui multiplie les déplacements professionnels, et qui découvre au retour que la règle du total annuel s’applique à elle.

Les nouveaux arrivants et les permis temporaires n’ont pas droit à la même marge

Une personne en séjour temporaire (permis de travail ou d’études) ou établie depuis moins d’un an ne doit généralement pas s’absenter plus de 21 jours consécutifs. La marge de manœuvre est donc tout autre : c’est une distinction que beaucoup découvrent trop tard, au moment de planifier un retour dans le pays d’origine.

L’exception qui sauve : une fois tous les sept ans

Une personne peut, une fois tous les sept ans, s’absenter 183 jours ou plus dans une même année civile sans perdre son admissibilité, pour des raisons personnelles — voyage, travail à l’étranger, séjour auprès d’un proche. C’est une soupape réelle, mais qui s’épuise : après l’avoir utilisée, il faut attendre sept ans avant de pouvoir y recourir de nouveau.

Prévenir la RAMQ avant de partir

Une absence de 183 jours ou plus doit être signalée à la RAMQ avant le départ, avec le formulaire de départ temporaire du Québec. La RAMQ répond ensuite par écrit pour confirmer ou refuser le maintien de l’admissibilité. Le formulaire s’obtient auprès de la RAMQ, notamment par téléphone.

Si le maintien est refusé, vous n’êtes pas admissible pour le reste de l’année civile, vous payez la totalité de vos soins, et les services couverts reçus durant cette année peuvent devoir être remboursés à la RAMQ. Autrement dit : l’enjeu n’est pas seulement ce qui se passe à l’étranger, mais aussi ce qui a déjà été reçu au Québec pendant la même année.

Ce qui est réellement remboursé hors du Québec

Ailleurs au Canada
Services hospitaliers couverts selon les ententes interprovinciales, si le service est aussi couvert au Québec.
Services professionnels
Médecin, dentiste, optométriste : remboursés jusqu’aux tarifs du Québec, pas au montant facturé.
Hôpital hors Canada
Uniquement en urgence, avec des plafonds journaliers très bas qui couvrent une fraction de la facture.

Les plafonds prévus par la RAMQ pour une hospitalisation à l’extérieur du Canada se comptent en dizaines de dollars par jour d’hospitalisation, et un peu moins pour la consultation externe. L’ordre de grandeur est donc sans commune mesure avec une facture réelle : dans les exemples que la RAMQ elle-même publie, une consultation médicale facturée quelques centaines de dollars en Floride donne droit à quelques dizaines de dollars de remboursement, et une hospitalisation de trois jours facturée des dizaines de milliers de dollars donne droit à quelques centaines de dollars.

Ce qui n’est jamais remboursé : les médicaments achetés hors Québec, même sur ordonnance; le transport ambulancier; les services d’un professionnel autre qu’un médecin, un dentiste ou un optométriste; les chambres privées ou semi-privées; et tout service qui n’est pas couvert au Québec.

Si vous payez sur place : conservez tout, en originaux

Sans convention avec le professionnel ou l’établissement, vous payez et vous demandez ensuite un remboursement à la RAMQ, avec les originaux des factures et reçus, le résumé médical en cas d’hospitalisation et le compte rendu opératoire s’il y a eu chirurgie. Les délais de demande diffèrent selon le type de service — de l’ordre d’un an pour les services médicaux, dentaires et optométriques, et de quelques années pour les services hospitaliers.

Études, stage et travail à l’étranger : un régime à part

Certaines situations — études ou stage hors Canada, travail pour le gouvernement du Québec ou un organisme à but non lucratif — permettent de demeurer assuré selon des règles différentes, avec une prise en charge partielle des frais hospitaliers hors urgence plutôt qu’un simple plafond. Ces situations demandent d’aviser la RAMQ avant le départ et de fournir les documents demandés. La distinction n’est pas cosmétique : elle décide si une hospitalisation imprévue vous coûte quelques centaines ou quelques dizaines de milliers de dollars.

L’assurance privée : ce qu’il faut vérifier, pas seulement souscrire

La vraie question n’est pas « ai-je une assurance voyage? », mais ce qu’elle exclut. Trois exclusions reviennent constamment et ruinent des familles :

  • Les maladies préexistantes. Un diagnostic connu, une médication modifiée dans les mois précédents, une consultation en attente : chaque contrat définit sa propre fenêtre de stabilité, souvent de plusieurs mois.
  • Les sports à risque et les activités non déclarées (plongée, moto, randonnée en altitude, sports de neige hors piste).
  • La durée du séjour. Les contrats les plus courants couvrent 15, 30 ou 60 jours. Un séjour de plusieurs mois exige un produit adapté, souvent appelé assurance « long séjour » ou « expatrié ».

Deuxième vérification : ce que la garantie rapatriement médical couvre réellement. Un rapatriement sanitaire d’urgence se chiffre couramment en dizaines de milliers de dollars, et sans cette garantie, il arrive que des familles se retrouvent à financer un transfert médical elles-mêmes.

Les plafonds, les durées permises et les procédures d’avis à la RAMQ sont révisés périodiquement. Les valeurs courantes et le formulaire de départ temporaire se trouvent sur ramq.gouv.qc.ca (section « Absence du Québec »); le dépliant « Services couverts à l’extérieur du Québec » détaille les montants par type de service.

Sources et limites

Sources : RAMQ — « Absence du Québec », « Départ du Québec » et dépliant « Services couverts à l’extérieur du Québec » (ramq.gouv.qc.ca); dépliant « Régime d’assurance maladie du Québec — première année » pour la règle des 21 jours; Protecteur du citoyen — capsule sur les soins de santé reçus hors Québec. Vérifié le 16 septembre 2026 — les plafonds et les durées permises changent : confirmez la règle applicable à votre situation auprès de la RAMQ avant tout engagement.

Vérification officielle recommandée

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