CELI ou REER en 2026 : comment choisir (ou utiliser les deux)
Plafonds 2026, différences fiscales et règle de base pour savoir où mettre votre argent en premier — sans jargon financier inutile.
Par l'équipe éditoriale Atlas Québec · Publié le 31 juillet 2026
Les deux plafonds pour 2026
Si vous étiez résident canadien et aviez au moins 18 ans en 2009 et que vous n'avez jamais cotisé à un CELI, vos droits cumulés atteignent 109 000 $ en 2026 — un montant qui surprend beaucoup de gens qui pensaient être limités à 7 000 $ par année.
La différence fondamentale
| REER | CELI | |
|---|---|---|
| Cotisation | Déductible du revenu imposable | Non déductible |
| Retrait | Pleinement imposable | Jamais imposé |
| Droits après un retrait | Perdus définitivement* | Restitués l'année suivante |
| Effet sur les prestations basées sur le revenu | Le retrait compte comme revenu (peut réduire le SRG, etc.) | Aucun effet — jamais considéré comme revenu |
| Date limite de cotisation | 60 jours après le 31 décembre (2 mars 2026 pour l'année 2025) | 31 décembre |
* Sauf mécanismes particuliers comme le Régime d'accès à la propriété (RAP) ou le Régime d'encouragement à l'éducation permanente (REEP), où les retraits doivent être remboursés selon un échéancier.
La règle de base (avec ses limites)
La logique classique : le REER est avantageux quand votre taux d'imposition sera plus bas à la retraite qu'au moment de cotiser — puisque la déduction vous fait économiser au taux d'aujourd'hui, et l'impôt au retrait se calcule au taux (généralement plus bas) de demain. Le CELI, à l'inverse, brille quand vous prévoyez un revenu similaire ou plus élevé plus tard, ou quand vous voulez simplement de la flexibilité sans conséquence fiscale au retrait.
En pratique, plusieurs professionnels de la finance résument ainsi : sous un revenu d'environ 50 000 $ à 56 000 $, la déduction REER vaut relativement peu (votre taux marginal est déjà bas), alors le CELI l'emporte souvent. Au-dessus de ce seuil, la déduction REER devient plus intéressante — sans pour autant rendre le CELI inutile.
Les deux comptes ont des plafonds séparés et indépendants. La grande majorité des gens qui épargnent sérieusement utilisent les deux : le CELI pour la flexibilité et les projets à moyen terme, le REER pour maximiser la déduction fiscale les années à revenu élevé.
Le cas particulier des nouveaux arrivants
Si vous venez d'immigrer au Québec, vous n'avez aucun droit de cotisation REER accumulé avant votre première déclaration de revenus canadienne (les droits REER se bâtissent à partir du revenu gagné au Canada). Le CELI, en revanche, peut être ouvert dès que vous avez un NAS valide et 18 ans — même avant d'avoir produit une déclaration de revenus. C'est souvent le premier outil d'épargne enregistré accessible à un nouvel arrivant.
Utiliser la cotisation REER dans le calculateur
Notre calculateur d'impôt 2026 inclut un champ pour votre cotisation REER et affiche l'économie d'impôt réelle qui en résulte selon votre tranche — l'outil le plus direct pour voir concrètement ce que le choix REER change pour votre situation.
Le troisième compte à connaître : le CELIAPP
Si l'achat d'une première propriété fait partie de vos plans, le CELIAPP combine la déduction fiscale du REER et le retrait non imposable du CELI — un troisième outil à considérer en plus des deux ci-dessus, pas à leur place.
Une variante méconnue : le Fonds de solidarité FTQ
Si vous cherchez à maximiser vos cotisations REER tout en profitant d'un crédit d'impôt additionnel, les actions du Fonds de solidarité FTQ (ou de Fondaction, son équivalent CSN) donnent droit à un crédit d'impôt de 15 % au provincial et 15 % au fédéral — 30 % au total, en plus de la déduction REER habituelle — sur une contribution maximale de 5 000 $ par année. Accessible à n'importe quel contribuable québécois, pas seulement aux membres syndiqués, mais avec une contrainte de taille : les actions doivent généralement être conservées jusqu'à la retraite. Notre guide sur les syndicats au Québec couvre ce fonds plus en détail.
Ce guide est éducatif et généraliste. Votre situation (âge, revenu, projets, tolérance au risque) peut faire pencher la balance différemment. Pour une recommandation adaptée à votre dossier, consultez un·e planificateur·rice financier·ère certifié·e (IQPF) ou un·e conseiller·ère inscrit·e à l'Autorité des marchés financiers (AMF).