SAAQ à 75 et 80 ans : examen médical, cognition, conditions et recours
À 75 ans, la démarche normale est une autodéclaration médicale. À 80 ans et tous les deux ans ensuite, une évaluation par un professionnel est exigée. Voici ce qui est réellement vérifié et comment contester une décision défavorable.
Par l'équipe éditoriale Atlas Québec · Publié le 4 août 2026
Pour les permis ordinaires visés, la SAAQ demande normalement une autodéclaration médicale à 75 ans. À 80 ans, puis tous les deux ans, elle exige une évaluation de l'état de santé remplie par un professionnel. Une situation médicale particulière peut toutefois entraîner des contrôles additionnels à tout âge.
À 75 ans : autodéclaration, pas automatiquement deux examens complets
La SAAQ expédie généralement une lettre environ 45 jours avant l'anniversaire. La personne remplit une autodéclaration médicale. Selon les réponses ou les renseignements déjà au dossier, la SAAQ peut ensuite demander un rapport médical, visuel ou une autre évaluation.
À 80 ans et tous les deux ans
Le professionnel de la santé évalue notamment l'état général, la mobilité, la vue et les fonctions cognitives pouvant influencer la conduite : mémoire, attention, jugement, comportement et capacité à traiter l'information.
Le MoCA est-il obligatoire?
Non. La SAAQ ne présente pas le Montreal Cognitive Assessment comme le test unique imposé à tous les conducteurs. Un médecin peut employer un outil de dépistage cognitif, poser des questions, observer le fonctionnement ou demander une évaluation plus poussée. Le test choisi dépend du jugement clinique et de la situation.
Apprendre d'avance les réponses d'un test cognitif ne démontre pas la capacité réelle à conduire et peut nuire à l'évaluation. Il vaut mieux apporter ses lunettes, appareils auditifs, liste de médicaments et renseignements médicaux à jour.
Ce que la SAAQ peut décider
- Maintenir le permis sans changement.
- Ajouter des conditions : lunettes, conduite de jour ou autres restrictions adaptées.
- Demander un rapport d'un spécialiste, une évaluation en ergothérapie ou un test sur route.
- Suspendre une classe ou le permis lorsque la sécurité n'est pas démontrée.
Avant le rendez-vous
- Réserver tôt pour respecter la date limite indiquée dans la lettre.
- Apporter la lettre et les formulaires exacts de la SAAQ.
- Préparer la liste des médicaments, diagnostics et changements récents.
- Porter les lunettes ou appareils auditifs utilisés pour conduire.
- Signaler honnêtement les chutes, pertes de conscience, épisodes de confusion ou problèmes visuels.
- Demander au professionnel quelles observations seront transmises.
Si la décision est défavorable
La personne peut demander une révision à la SAAQ en présentant des faits nouveaux, par exemple une amélioration, un traitement, une chirurgie, un rapport spécialisé ou de nouvelles habiletés. La SAAQ peut exiger un autre rapport ou une évaluation sur route.
Il est aussi possible de contester la décision initiale ou révisée devant le Tribunal administratif du Québec. Le délai indiqué par la SAAQ est généralement de 60 jours à partir de la décision. Il faut conserver la lettre, les rapports médicaux et toute preuve récente.
Permis « restreint » ou permis assorti de conditions?
Dans un dossier médical, la solution est souvent un permis maintenu avec des conditions adaptées plutôt qu'un permis restreint au sens utilisé pour les points d'inaptitude ou l'alcool. Une limite de conduite peut être imposée selon l'évaluation, mais il ne faut pas promettre automatiquement un rayon de 10 km : la décision dépend du dossier.
Sources officielles
- SAAQ — État de santé et permis de conduire
- SAAQ — Contester une décision médicale
- Tribunal administratif du Québec — Déposer un recours