Vacances et préavis de fin d'emploi au Québec : ce que la loi garantit
Combien de semaines de vacances avez-vous droit ? Combien de préavis votre employeur doit-il donner ? Et vos 2 jours de maladie payés, les réclamez-vous vraiment ? Les règles minimales de la Loi sur les normes du travail, expliquées simplement.
Par l'équipe éditoriale Atlas Québec · Publié le 31 juillet 2026
Vacances annuelles : combien de semaines, combien d'argent
Au Québec, la durée de vos vacances payées et le pourcentage de votre salaire versé en indemnité dépendent uniquement de votre nombre d'années de service continu chez le même employeur, calculé à la fin de votre année de référence (généralement du 1er mai au 30 avril) :
| Service continu | Vacances minimales | Indemnité |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | 1 jour par mois travaillé (max. 2 semaines) | 4 % |
| 1 an à moins de 3 ans | 2 semaines continues | 4 % |
| 3 ans ou plus | 3 semaines continues | 6 % |
Le seuil de 3 ans pour la 3e semaine date d'une réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2019 — avant cette date, il fallait attendre 5 ans. L'indemnité se calcule sur le salaire brut gagné pendant l'année de référence : une personne ayant gagné 45 000 $ avec 2 ans de service touchera 1 800 $ de paye de vacances (45 000 $ × 4 %).
Les vacances annuelles ne sont pas une faveur de l'employeur : c'est un droit acquis, proportionnel au temps travaillé, que la Loi sur les normes du travail protège et qu'un salarié ne peut pas renoncer à recevoir, même s'il le souhaite.
Préavis de cessation d'emploi : le tableau complet
Si votre employeur met fin à votre emploi ou vous met à pied pour plus de 6 mois, il doit vous remettre un avis écrit dont la durée minimale dépend de votre ancienneté :
| Service continu | Préavis minimal |
|---|---|
| Moins de 3 mois | Aucun minimum légal |
| 3 mois à moins de 1 an | 1 semaine |
| 1 an à moins de 5 ans | 2 semaines |
| 5 ans à moins de 10 ans | 4 semaines |
| 10 ans ou plus | 8 semaines |
L'employeur peut choisir de vous garder au travail pendant cette période ou de vous verser une indemnité équivalente immédiatement — mais il ne peut pas faire les deux à la fois (vous priver de travail sans vous payer). Ce tableau constitue un minimum légal : le Code civil du Québec prévoit séparément un droit à un préavis « raisonnable », qui peut être plus long selon votre poste, votre ancienneté réelle et la difficulté à retrouver un emploi comparable — les tribunaux ont parfois reconnu des délais de plusieurs mois pour des postes de cadres avec longue ancienneté.
Les 2 jours de maladie payés que peu d'employeurs annoncent
Beaucoup de travailleurs au salaire minimum, d'étudiants et de nouveaux arrivants croient qu'une journée de maladie signifie automatiquement une journée de salaire perdue. Ce n'est pas tout à fait vrai : la Loi sur les normes du travail oblige tout employeur à rémunérer 2 journées de congé par année civile pour cause de maladie ou d'obligations familiales (proche aidance, enfant malade), dès que le salarié cumule 3 mois de service continu. Ces deux journées ne se reportent pas d'une année à l'autre, ne peuvent pas être remplacées par une compensation en argent, et sont partagées entre maladie et obligations familiales — pas 2 jours pour chaque motif séparément.
Au-delà de ces 2 jours payés, le poste reste protégé (vous ne pouvez pas être congédié pour cette raison) jusqu'à 26 semaines sur 12 mois pour une maladie ordinaire, mais les absences additionnelles ne sont pas automatiquement rémunérées par l'employeur — la rémunération vient alors, le cas échéant, d'une assurance collective ou de l'assurance-emploi. Un employeur ne peut exiger un billet médical que si vous vous absentez plus de 3 fois dans l'année, ou 4 jours consécutifs ou plus — jamais un diagnostic détaillé.
Ce que le préavis ne remplace pas
Le préavis de cessation d'emploi est distinct de l'indemnité de vacances accumulées (toujours due séparément) et des jours fériés non payés éventuels. Un licenciement collectif — 10 salariés ou plus d'un même établissement sur 2 mois — déclenche en plus des obligations additionnelles envers le ministère du Travail et la CNESST. Si votre milieu de travail est syndiqué, ces normes minimales s'appliquent en plancher, mais la démarche pour les faire respecter passe par votre délégué syndical plutôt que par la CNESST — voir notre guide sur les syndicats et le processus de grief.
Ce guide résume les normes minimales prévues par la Loi sur les normes du travail. Votre contrat, une convention collective ou le Code civil du Québec peuvent vous accorder davantage. Pour une situation précise (contestation, indemnité de départ négociée), consultez la CNESST ou un·e avocat·e en droit du travail.
Notre calculateur d'indemnité de fin d'emploi applique directement ces tableaux à votre ancienneté et votre salaire. Si la situation touche du harcèlement plutôt qu'une fin d'emploi, voir notre guide sur le harcèlement psychologique et les recours CNESST.